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Quel format d'image choisir ?

Une seule question tranche, et presque tout le reste en découle. La plupart des mauvais choix viennent de ce qu'on répond à une autre question.

Dernière relecture :

La question qui tranche

L'image est-elle faite de tons continus, ou d'aplats et de contours nets ?

Une photographie est faite de tons continus : des millions de couleurs légèrement différentes, pas deux pixels voisins tout à fait identiques, et aucune frontière nette sauf au bord des objets. Une capture d'écran, un logo, un graphique, un schéma ou un dessin au trait, c'est l'inverse : de grandes zones de couleur identique qui se rejoignent le long de frontières parfaitement nettes.

Chaque format d'image est conçu pour l'un de ces cas et mauvais pour l'autre. Les formats avec perte — JPEG, et WebP ou AVIF dans leur mode avec perte — jettent les détails que l'œil remarque mal, ce qui fonctionne à merveille sur les tons continus et crée des halos visibles autour de chaque contour net. Les formats sans perte — PNG, et WebP ou AVIF dans leur mode sans perte — compressent en repérant les répétitions, ce qui fonctionne à merveille sur les aplats et presque pas sur le bruit d'une photo. Choisir le mauvais rend le fichier soit laid, soit énorme, et en général on ne remarque que l'un des deux.

Les réponses courtes

Une photo destinée à une personne, à un e-mail ou à un vieux système : JPG en qualité 85 environ. Lisible partout, léger, et la perte est invisible à ce réglage.

Une capture d'écran, un logo, un graphique ou un schéma : PNG. Chaque contour reste parfaitement net, et les aplats ne pèsent presque rien. S'il y a de la transparence, le PNG est aussi le seul des deux formats classiques à pouvoir la conserver.

Tout ce qui va sur une page web que vous maîtrisez : WebP, ou AVIF si vous pouvez vous permettre le temps d'encodage. Tous deux font mieux que JPG et PNG — le WebP a un mode avec perte et un mode sans perte, avec transparence dans les deux, et l'AVIF stocke une photo à environ la moitié de la taille d'un JPEG équivalent.

Un logo ou une icône : SVG si vous l'avez, car il reste net à toutes les tailles et pèse généralement moins que n'importe quelle version en pixels. Pixelisez-le uniquement pour les endroits qui ne lisent pas le vectoriel — favicons, images d'aperçu pour les réseaux sociaux, e-mails et boutiques d'applications.

Ce que chaque format ne sait pas faire

Les limites sont plus utiles que les listes de fonctionnalités, car ce sont elles qui piègent les gens.

Le JPG n'a pas de transparence. Aucune, et il n'en aura jamais. Convertir en JPG un PNG à fond transparent remplit ce fond d'une couleur unie — c'est pourquoi un logo enregistré en JPG arrive dans un cadre blanc. Il perd aussi en qualité à chaque enregistrement, sans exception : modifier et réenregistrer plusieurs fois le même JPG le dégrade un peu plus à chaque passage.

Le PNG est désastreux pour les photos. Pas incorrect — sans perte et fidèle —, mais énorme, car le bruit photographique met en échec la prédiction sur laquelle repose sa compression. Le PNG d'une photo pèse couramment dix fois plus que le JPEG que personne ne saurait en distinguer.

Le WebP a une limite stricte de 16 383 pixels de côté, ce qui est large pour une photo et contraignant pour un panorama, la capture pleine page d'une longue page web ou une carte numérisée.

L'AVIF est lent à encoder. Plusieurs secondes par grande photo, car c'est une image fixe issue de la compression vidéo, et c'est cette recherche qui fait gagner de la taille. Le décodage est instantané, ce qui est le bon compromis pour un fichier encodé une fois et regardé souvent.

Où passe vraiment la limite de compatibilité

C'est là que les conseils ont souvent des années de retard, dans un sens comme dans l'autre. Tous les navigateurs actuels lisent le WebP et l'AVIF, et depuis des années — pour un site web, l'argument de la compatibilité contre eux ne tient donc plus. Servir de l'AVIF avec un JPEG de secours via un élément picture lève même cette dernière inquiétude.

Hors du navigateur, c'est une autre histoire, et c'est là que l'on se trompe dans l'autre sens. Les anciens clients de messagerie, bon nombre de visionneuses d'images de bureau, une grande partie des logiciels d'entreprise et la plupart des chaînes d'impression ne lisent toujours pas le WebP ni l'AVIF de façon fiable. La règle dépend donc de la destination, pas de l'année : les formats récents pour une page web que vous maîtrisez, JPG ou PNG pour un fichier que vous confiez à une personne ou à un système.

Convertir ne répare pas les dégâts

Le malentendu le plus courant sur les formats d'image mérite d'être énoncé clairement : convertir un fichier avec perte en format sans perte ne récupère rien. Transformer un JPG en PNG conserve à la perfection les artefacts du JPEG — les blocs, les halos autour du texte, les bavures de couleur sur les contours saturés —, car à ce stade ce sont des valeurs de pixels, impossibles à distinguer du contenu de l'image. Le PNG est plus lourd et contient exactement les mêmes dégâts visibles.

Cela vaut quand même la peine au bon moment. Convertir en PNG avant une série de retouches rend chaque enregistrement suivant sans perte, alors que modifier et réenregistrer un JPG le dégrade à chaque fois. Faites-le au début du travail, pas après quatre enregistrements.

La même logique vaut dans l'autre sens. Encoder en AVIF ou en WebP à partir d'un JPEG oblige le nouvel encodeur à hériter des artefacts de l'ancien et à dépenser de vrais bits pour les préserver — un fichier encodé une seule fois depuis l'original est donc à la fois plus léger et meilleur qu'un fichier encodé deux fois. Partez toujours de la meilleure version dont vous disposez.

Questions fréquentes

Quel réglage de qualité utiliser pour un JPG ?

Autour de 85, la plupart des gens ne voient plus la différence, et c'est là que la courbe de taille s'aplatit — monter plus haut coûte beaucoup d'octets pour très peu de gain. En dessous de 70 environ, les artefacts deviennent visibles, d'abord sur les dégradés doux comme les ciels.

Le WebP est-il avec ou sans perte ?

Les deux — ce sont deux formats qui partagent une extension, et c'est le réglage de qualité qui choisit. Tout ce qui est en dessous du maximum donne du WebP avec perte, excellent pour les photos et inadapté aux captures d'écran de texte, où la couleur sous-échantillonnée crée des franges autour de chaque contour net. Le maximum donne du sans perte.

Pourquoi mon PNG est-il plus lourd que le JPG d'origine ?

Parce que le PNG compresse en prédisant chaque pixel à partir de ses voisins, et que les artefacts JPEG ressemblent à du bruit pour cette prédiction. Le JPG d'un feuillage ou d'une fourrure donne un PNG énorme ; le JPG d'une capture d'écran, un PNG modeste.

Le GIF sert-il encore à quelque chose ?

Uniquement à l'animation, et même là, une courte vidéo ou un WebP animé est nettement plus léger et plus fluide. Pour les images fixes, le GIF est limité à 256 couleurs et à un seul bit de transparence : ses contours sont crénelés et ses couleurs approximatives — un PNG est meilleur à tous points de vue.

Convertir d'un format à l'autre fait-il perdre de la qualité à chaque fois ?

Chaque passage par un encodeur avec perte, oui, et elle ne revient jamais. Les conversions sans perte — PNG en WebP sans perte, BMP en PNG — non. La règle qui évite la plupart des ennuis : gardez un original de haute qualité, et produisez les copies à diffuser à partir de lui, jamais les unes à partir des autres.